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Elégies Caucasiennes

Un film de Arnaud ALAIN et Jonathan RICQUEBOURG

Le film est terminé et disponible au visionnage.


De la Mer Noire à la Mer Caspienne, de la Turquie jusqu'au Caucase, les lettres d'un homme à une femme.

Au cours de sa traversée il écoute les histoires,

il se laisse porter par les prières et les chants des hommes et des femmes croisés le long du chemin.

Des histoires de mémoire et d'oubli. Des élégies, pour le souvenir.hfhfkjfkjh

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Licence Creative Commons
Élégies Caucasiennes de Jonathan Ricquebourg et Arnaud Alain est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.
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Résumé

Ce qui suit est une lettre que le voyageur aurait pu écrire à cette femme restée en France. Elle ne figurera pas dans le film mais donne une idée plus nette des thèmes abordés dans le film...

« Hôtel Şaki, 12 octobre.

A l'heure où je t'écris, tu m'auras sûrement déjà oublié. De tes grands yeux noirs, tu liras ces quelques lignes, si tu en es encore capable. Et tu ne comprendra pas. Tu ne comprendra pas qui s'adresse à toi, qui te cherche et t'espère.

Je t'écris de loin. Entre nous, il y a l'oubli.

Et cette histoire, la tienne, je l'ai cherché.

Tu m'en avais raconté un peu, de cette histoire. Quelques bribes. Je m'y suis accroché.

En Turquie, alors que se rapprochait le Mont Ararat, j'avais encore bon espoir. L'espoir de retrouver tes souvenirs, ton passé dispersé et peut-être, ne savais-je comment, l'espoir de te guérir.

Je ne savais pas où j'allais. Alors moi, l'étranger, j'ai essayé d'expliquer que je te cherchais. Avec mes mots a moi, dans les territoires entremêlés du Caucase. On m'a guidé. Hüseyin m'a montré son village, fait parcourir les chemins de Hazar...

Je te cherchais. Je cherchais ton parfum.

Ton parfum, la couleur de tes cheveux, le timbre de ta voix cassée...

... Je me souviens. Tu m'a raconté. Ton enfance à Tiflis. Les chaudes senteurs du marché. Les joueurs d'échecs et de backgammon que tu aimais regarder, des heures durant.

Tout cela.

Et puis les rives du Lac Sévan.

Tu m'a parlé de cette eau, bercée par les vents des hauteurs, si calme pourtant. Et qui chaque matin se gorge des rayons ambrés se découvrant de derrière la montagne.

Derrière, l'Azerbaïdjan.

J'ai vu les bergers des montagnes. Oktaï. Muras.

Ils se ressemblent, ils te ressemblent. Ils sont fiers, ils ont dans leurs yeux la lueur de ceux qui vont mourir. Perchés au milieu des montagnes, la modernité leur échappe mais les traverse. J'ai observé ces étranges phénomènes qui m'ont fait penser à toi. Toi aussi tu as cette lueur dans les yeux. J'ai passé du temps avec eux, beaucoup de temps. Ils m'ont appris quelques mots de russe, cette langue qui leur a été imposée des années durant. Toi, tu ne parles plus.

J'aurais aimé croire en Dieu. Ici, on croit.

J'ai rencontré des moines reclus dans la chaîne du Petit Caucase. Des jeunes musulmans sur les rives de la Caspienne. Mais mes prières n'ont trouvé d'autre écho que celui des montagnes. Ton visage a continué de se défiler.

A Malatya pourtant je t'ai croisé. A Erzurum je t'ai croisé. A Batumi, à Şaki, cet après-midi.

Tu étais ces yeux, tu étais ce regard.

Tu étais là. Dans un souvenir bien présent. Que j'ai voulu saisir.

Tu m'as giflé avec ce regard. J'ai regardé en dedans. Tu ne me vois plus.

J'arrête. J'en ai assez. Autour de moi l'automne refleurit. Il doit déjà faire froid à Paris. Les infirmières ont dû monter le chauffage.

Les enfants jouent dans l'école à côté de l'hôpital, ils ont la goutte au nez et les joues rosies. Les feuilles mortes volent à chacun de leurs passages. Le vent les fait danser puis les emporte en un souffle léger.

Les entends-tu?

Moi je les entends. »

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Note d'intention

Au départ une femme. Au départ un voyageur.

Elle perd la mémoire. Il part pour tenter de la reconstituer. Nous aussi.

Dans ce film, nous sommes le voyageur. Nous nous imprégnions de ce que nous voyons, nous tentons de constituer la mémoire de cette femme. La zone est morcelée, fragmentaire, parsemée d'oubli. La mémoire également.

Le voyageur s'y aventure.

La mise en scène du voyage de cet homme, c'est la mise en scène d'une lutte entre passé et présent, entre réel et imaginaire. Car la lutte est perdue d'avance et le voyageur n'a pas d'autre possibilité que de réinventer cette femme perdue.

Parfois, le voyageur croit retrouver cette femme à travers un regard, dans une fraction de seconde. Sur le marché de Tbilissi, il y avait une femme qui portait un haut bleu et vert. Il a cru que c'était elle. Il s'est approché pour croiser son regard. Il se construit des souvenirs.

La construction du film s'organise autour de ce voyage à l'imagerie documentaire. Car parallèlement à sa recherche relative à la femme qu'il a laissé en France, le voyageur essaie de comprendre ce qui peut définir l'identité des peuples qu'il croise. Nous avons filmé les traces du passé soviétique, et le décalage entre des traditions très présentes, notamment à travers la religion ou la langue, et la modernité à l'occidentale. C'est ainsi qu'au beau milieu des montagnes, Muras le berger a fièrement exhibé son téléphone portable.

Montagnes et plaines, mélange or, azur, vert et ocre... La diversité des paysages du Caucase permettent au film de donner des tonalités à l'état intérieur du personnage et donc du film. Au fur et à mesure du film, l'espace se resserre à l'image de la pensée du personnage.

Au delà de cette expressivité subjective, la beauté de ces lieux où vivent certains de nos personnages donnent une dimension dramatique et intense aux images.

Nous voulons décrire le sentiment de l'oubli, de la perte, à travers le regard de ce voyageur et l'histoire des peuples du Caucase, sa géographie et ses paysages. Le film n'expliquera pas, il essaye de donner à voir cette l'expression de l'absence.

Pour cela, nous avons choisi d'utiliser différents médias afin d'exprimer la multiplicité de nos perceptions intimes.

La vidéo comme le tracé du voyage ; la photographie comme trace d'un passage.

Si la vidéo ouvre un temps présent, la photo appelle le passé, transperce le temps en le faisant durer. La vidéo relate nos rencontres, avec Muras, ce berger kurde gardant des vaches dans les montagnes géorgiennes, avec qui nous avons passé quelques temps, à discuter, à écouter son histoire. Comme avec des moines d'un monastère du sud de la Géorgie, qui nous ont expliqué ce qui les avait amené à choisir cette voie.

La super 8 comme image d'une intimité de la réalité intemporelle : le souvenir d'une réalité présente ou rêvée mais dont on peut toucher la matière. Alors, à travers ce couple de touristes dans un monastère arménien, le voyageur se revoit avec elle.

Avec ces multiples témoignages et impressions, le voyageur établit une sorte de collage pour reconstituer l'image de cette femme. Grâce au montage de plus en plus fragmenté, de moins en moins linéaire, nous relierons images d'Azerbaïdjan, de Géorgie et d'Arménie.

Les collages de Sergueï Paradjanov effectués à partir de reproductions de La Joconde de Léonard de Vinci viendront appuyer cette idée. Mona Lisa est une figure du monde occidental. C'est à la fois toutes les femmes, et aucune. C'est à peu près ce qui se passe dans la tête du voyageur. Il voit la sienne partout mais pourtant aucune n'est elle.

A mesure qu'il assemble tous ces éléments, il se déconstruit lui même peu à peu, et ne parvient plus à différencier le réel de l'imaginaire. Nous voulons traduire cela à l'aide d'images de paysages défilants morcelés, déconstruits, les images se superposant.

Le son lui aussi commence alors à se déconstruire, s'étirant jusqu'à devenir inaudible.

La voix devient parcellaire, les langues s'entremêlent pour former un chant mystérieux.

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Le film avec des sous-titres en espagnol / La película con subtítulos en español:

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Site de Jonathan Ricquebourg, un de trois fondateurs d’APOSTROPHE EGG (Arnaud Alain et et Romain Saudubois étant les deux autres)

Jonathan Ricquebourg :
http://jonathanricquebourg.com/